L'articulation des réseaux publics, communautaires et familiaux face aux problèmes complexes

Les réseaux représentent le nouveau mode de prestation des services sociaux le plus prisé. Bon nombre d’instances prennent le virage des réseaux intersectoriels et hybrides pour faire face aux problèmes complexes — problèmes qui traversent plusieurs secteurs d’intervention, pour lesquels aucune réponse ne fait consensus, où les parties prenantes n’ont pas les mêmes perspectives et où les causes et les effets s’entrelacent. Les acteurs locaux publics, communautaires et informels s’organisent de manière spontanée en réseaux, au moins de façon minimale s’ils se connaissent et interagissent. Les intervenants de ces différents milieux se concertent fréquemment, que ce soit sur le plan sectoriel, par exemple, les Tables jeunesse ou des aînés, ou bien sur le plan intersectoriel, dont les Tables de quartier.


Mais comment ces réseaux se constituent-ils et évoluent-ils? Comment les intervenants de différents secteurs s’y retrouvent-ils et comment coordonnent-ils leurs activités? Dans quelle mesure ce mode de prestation complexe fonctionne-t-il pour les différents types de réseaux familiaux qui demeurent un élément déterminant du bien-être de la personne? 
Selon le mandat reçu du MSSS en 2004, dans le cadre de la Loi 25, les CSSS ont la responsabilité de coordonner leurs activités avec les établissements et les organismes qui participent à la prestation des services de santé et des services sociaux sur leur territoire. Ceci semble faire appel à une plus grande formalisation de leurs interactions, voire à la superposition d’une gouvernance en réseau, ou de réseau, plus formelle, que ce soit à l’égard des réseaux existants ou de ceux à construire. Dans ce contexte, les administrations locales, les gestionnaires et les intervenants sont parfois dépassés par la complexité du champ organisationnel au sein duquel ils sont aujourd’hui appelés à exercer leurs activités courantes. 


Et la question suivante doit se poser : qu’est-ce que ça donne? Quel est l’impact de l’engouement des réseaux d’intervention sur la pratique, sur la qualité, l’accessibilité et la continuité des services, voire sur l’efficience des services? Le réseautage comme « passage obligé » a-t-il des conséquences indirectes et inattendues, par exemple, sur l’accès aux services ou sur les inégalités de santé? Voilà autant de questions qui sont au cœur des travaux dans la programmation de recherche du Centre InterActions. 

Les axes de recherche

La programmation d’InterActions s’articule autour de ces trois axes 


AXE 1     LA DYNAMIQUE RELATIONNELLE AU SEIN DES RÉSEAUX D’INTERVENTION OU DE SOINS FORMELS ET/OU INFORMELS.
Cet axe a pour objectif d’étudier les interactions en lien direct ou indirect avec l’intervention sociale et de la santé ainsi que le bien-être des personnes. Par exemple : 

  • Les relations interprofessionnelles (pratiques de collaboration, modes de communication, etc.) au sein des secteurs public ou communautaire ou entre eux;
  • Les réseaux familiaux ou informels en liens avec, par exemple, la recherche d’aide ou la répartition des responsabilités de soins;
  • Les soins à domicile ou d’autres types d’interventions qui marient réseaux familiaux et réseaux professionnels;
  • Le transfert d’idées, de logiques ou de façons de penser d’un réseau à l’autre;
  •  Les processus d’émergence, d’évolution et d’intersection des réseaux.

AXE 2      DE LA GOUVERNANCE EN RÉSEAU À LA GOUVERNANCE DES RÉSEAUX EN SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX.
Cet axe a pour objectif d’étudier la gouvernance interorganisationnelle ou intersectorielle en matière de services sociaux et de santé. En voici des exemples :

  • Les modes d’intégration des réseaux organisationnels;
  • Les rapports de pouvoir asymétriques entre des secteurs différents;
  • La négociation des modalités de coordination normatives, discursives, pratiques et autres;
  • La constitution des réseaux locaux de services (RLS) et la coordination de leurs rapports à d’autres réseaux sur le même territoire;
  • Les processus d’isomorphisme au sein des réseaux : convergence des façons de voir, de penser et d’agir entre les structures associatives, privées et publiques;
  • La constitution et l’évolution des réseaux organisationnels.

AXE 3     LES RETOMBÉES DE L’INTERVENTION EN « RÉSEAU » DANS LE DOMAINE DES SERVICES SOCIAUX ET DE SANTÉ.
Les recherches de type évaluatif ou analytique portant sur l’effectivité des réseaux, c’est-à-dire l’atteinte des résultats escomptés, les conséquences inattendues ou les effets pervers, constituent l’objet de cet axe, par exemple :

  • Les effets de l’impératif « réseau » sur les clients, les intervenants, les organisations, le réseau de la santé et des services sociaux et la société dans son ensemble;
  • Les effets des interventions organisées en réseau sur l’optimisation et la performance des services : l’accessibilité, la continuité, ou l’adéquation des services du point de vue des usagers;
  • L’impact de l’intervention en réseaux sur l’insertion sociale, par exemple, sur la participation, le capital social, l’insertion professionnelle, etc.;
  • Les effets de la délibération en réseaux sur les politiques et les programmes de santé et de services sociaux.


ÉQUIPE REGARDS : RECHERCHE SUR LA GOUVERNANCE ET LES RÉSEAUX DE SOLIDARITÉ 

PROJETS HORS AXE

COLLABORATIONS EN RECHERCHE

PROJETS ÉTUDIANTS ET POSTDOCTORAUX

 

 

 

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